Datant de l’Antiquité, la tradition du Mois d’Or est pratiquée en Chine mais aussi dans d’autres cultures à travers le monde. Durant le mois qui suit l’accouchement, une attention toute particulière est portée sur la jeune maman pour lui permettre de se reposer et de s’approprier sa nouvelle vie de famille. Les proches du couple parental aident le foyer (préparation des repas, tâches ménagères, prise en charge du bébé pendant que la maman se repose, prend une douche…). La maman reçoit également des soins (massages, bains) et une alimentation spécifique pour aider son corps à se rétablir. La santé et le bien-être de la maman et ainsi de son bébé sont au cœur des préoccupations.
Cette tradition commence seulement à se faire connaitre en France, où tout repose essentiellement sur le couple. La gestion du quotidien, de la famille qui vient voir le bébé, la reprise rapide du chemin du travail pour les pères, avec une certaine pression (devoir assurer tout en étant extrêmement fatigués). Sans compter le poids d’une société qui véhicule des attentes déconnectées de toute réalité : les jeunes mamans doivent être fortes, souriantes, en forme, apprêtées, prêtes à retourner au travail rapidement et comme si rien d’extraordinaire ne s’était passé. Là où les collègues étaient souvent attentionnés envers la femme enceinte, le retour au travail est parfois compliqué, alors même que la fatigue s’accumule et que le nouvel équilibre à trouver entre vie professionnelle et vie personnelle nécessite un temps d’adaptation.
Le changement de vie est tel, et l’isolement parfois si rude, que certaines mamans souffrent de dépression ou burn-out post partum. Ce n’est que très récemment que la parole s’est libérée à ce sujet. La question a été soulevée par la Commission des 1000 premiers jours (2019) suite à laquelle la proposition d’un entretien postnatal a été rendue obligatoire entre la 4e et la 8e semaine après l’accouchement (depuis le 1er juillet 2022) afin d’identifier les premiers signes de dépression.
Toutes les jeunes mamans ne traversent pas cette période postpartum aussi durement et de nombreux groupes ont émergés sur les réseaux sociaux pour répondre à certains besoins.
En fait, les jeunes parents trouvent essentiellement des réponses d’ordre pratique mais ils sont nombreux à exprimer leur souhait de trouver des groupes de rencontres et d’échanges entre parents (enquête UDAF Isère, 2024). Pour ce qui est de l’isolement, du besoin d’être écouté, pris en considération, rompre la monotonie, toutes les ressources internet ne remplacent pas l’échange en direct, le lien vécu, la vérité de l’instant.
Participer à un Cercle Mamans-Bébés c’est bénéficier de la puissance d’un groupe intimiste, dans un cadre chaleureux et bienveillant.
C’est aussi s’autoriser à décrocher du quotidien pendant 2 heures chaque semaine, en se laissant porter par l’organisation proposée. Sortir du registre du suivi médical pour partager un moment différent. C’est s’occuper de bébé, tout en pensant un peu plus à soi.



